Mérovée

Considéré comme le troisième de nos rois, ayant donné son nom à ceux de la première dynastie (les Mérovingiens), ce personnage, dont l’existence est entourée de beaucoup d’obscurité et dont on possède plutôt la légende recueillie par Jacques de Guise que la biographie, est donné pour successeur à Clodion. Son nom, Merowig, signifie éminent guerrier.


Mérovée (448-458)
C’était un simple chef des Saliens né vers 411, dont le nom vint jusqu’aux oreilles des Romains et que Grégoire de Tours nous apprend avoir été fils de Clodion (ou Chlodion). Frédégaire raconte même que l’épouse de Chlodion le mit au monde après avoir eu commerce avec un monstre marin ou du moins s’en être approchée. Ce conte doit être placé à côté de toutes les inventions de Jacques de Guise, que quelques savants sans critique ont prises au sérieux.

On ne sait que fort peu de chose de Mérovée ; on n’est pas même d’accord sur la date de sa mort. Il monta sur le trône vers 448 et régna environ 10 ans. Aétius, qui l’adopta, selon le témoignage de Priscus, lui concéda sans doute un territoire dans les Gaules, où son frère aîné avait déjà fait un établissement.

Attila, après avoir saccagé les provinces de l’Orient, revenait en Occident à la tête d’une armée nombreuse, où se trouvaient plusieurs rois qui lui obéissaient. Aétius et Mérovée marchèrent au-devant de lui. Une bataille sanglante fut livrée, le 20 septembre de l’an 451, en Champagne. Il y eut, dit-on, de part et d’autre, 300 000 hommes de tués.

Quoique Aétius eût eu l’avantage, Grégoire de Tours convient que ce général, après le combat, engagea Mérovée à s’occuper de ses propres affaires. Sidoine Apollinaire reconnaît qu’il y avait des Francs dans les deux armées. Les historiens contemporains n’ont rien dit de plus sur Mérovée. Tout ce qu’en rapporte Jacques de Guise est entièrement fabuleux et a été inventé de toutes pièces, ainsi que ce qui est dit dans les annales du Hainaut des premiers temps de la monarchie.