par Damelune

 




On pense souvent que nos ancêtres n’avaient que peu ou pas de considération pour l’enfance. Avant la fin du XIXe siècle, les parents n’auraient porté qu’un intérêt moindre à leur progéniture et encore faut-il attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour observer un réel intérêt au monde des petits. Le Siècle des Lumières aurait pensé l’enfance comme un monde adulte en miniature, le Moyen Age se serait contenté de la mettre au travail dès son plus jeune âge, quant à l’Antiquité, nos représentations la dépouillent de toute trace d’enfance.

Des idées entretenues par certains historiens qui se basaient sur la rareté des sources pour conclure au désintérêt d’une époque face à l’enfance. D’importants travaux de recherche nous ont depuis révélé depuis l’amour profondqu’éprouvaient par exemple les parents médiévaux pour leurs enfants. Les preuves de complicité, de gestes tendres et de souci éducatif ne manquent pas. Tel père laisse ses enfants s’amuser près de lui et ramasser les glands tombés du chêne qu’il est en train d’abattre, telle mère blottit son petit dans ses bras et fredonne en le caressant. Nombre de témoignages évoquent la douleur des parents à la mort de leur enfant ou lors d’une séparation. Ainsi cette femme cathare, condamnée pour hérésie à la fin du XIIIe siècle. Emmenée par les inquisiteurs, elle sait qu’elle ne reverra jamais son petit garçon : « Elle voulut le voir avant de s’en aller ; le voyant, elle l’embrassa ; alors l’enfant se mit à rire ; comme elle avait commencé à sortir un petit peu de la pièce où était couché l’enfant, elle revint de nouveau vers lui ; l’enfant recommença à rire ; et ainsi de suite, à plusieurs reprises. De sorte qu’elle ne pouvait parvenir à se séparer de l’enfant. » Une scène terrible et émouvante qui en dit long sur les sentiments d'une mère médiévale pour son enfant et sur le déchirement que représente pour elle cette séparation