Du Xe au XVe siècle

 

Du Xe au XVe siècle, les plantes sont principalement utilisées pour leurs propriétés thérapeutiques et désinfectantes contre les épidémies. Les moines apprennent à utiliser les herbes aromatiques à des fins médicinales. Les bains, pratiqués couramment à cette époque, sont parfumés avec des herbes, et les « boules à parfums » contenant des résines aromatiques, du musc, de l’encens sont utilisées pour leur pouvoir assainissant.

 

 

L’Italie et l’Espagne, sous l’influence de la culture arabe, sont les principaux centres de commerce et d’échanges où apothicaires, marchands d’épices et d’herbes font circuler leur marchandise. La grande épidémie de peste au XIVe siècle généralise l’utilisation de fumigations et aspersions de vins aromatisés pour combattre le fléau.

 

C’est à Salerne, en Italie que la distillation de l’alcool commence à être pratiquée au début du XIVe siècle. Utilisée comme solvant à la place de l’huile, cette découverte modifie profondément la parfumerie. C’est la naissance de la parfumerie alcoolique.

 

Peu de temps après cette découverte, le premier parfum à porter un nom, l’Eau de Hongrie, à base de romarin et de lavande, sera baptisé ainsi pour la reine Elisabeth de Hongrie.

 

 

Au XVIe siècle, avec l’invention de l’imprimerie, les formules d’eaux parfumées circulent et se transmettent entre les pays, pour parfumer les corps, les maisons, les vêtements.

 

Les premières expéditions vers le Nouveau Monde ramènent en Europe la vanille, les baumes de Pérou, de Tolu, le cacao et le tabac. Des Indes proviennent les épices, cannelle, gingembre, poivre et girofle, le benjoin et l’encens.

 

La parfumerie de la Renaissance se développe en Espagne grâce à l’influence des connaissances des Arabes, tandis qu’en Italie, les premiers parfumeurs tirent profit des richesses de l’aristocratie. De nombreux parfumeurs italiens viennent s’installer à Paris, sous l’influence de la venue en France de Catherine de Médicis, qui est accompagnée par son parfumeur personnel.

 

La renommée de Grasse se développe dès cette époque grâce à ses tanneries, et au parfumage des gants et des ceintures, avec des essences de plantes distillées par les paysans. Les « peaux d’Espagne », fines peaux de cuir tannées et parfumées sont très à la mode. On plongeait les peaux dans des bains d’essence de rose parfumée avec de la lavande, de la verveine, du clou de girofle et de la cannelle, et on les imprégnait ensuite de musc, de civette ou d’ambre.

 

Au XVIIe siècle, la nomination officielle par le roi des « maîtres gantiers et parfumeurs » à Grasse marque le début d’une économie riche et puissante, ainsi que la notoriété de la ville avec notamment la culture de la rose, du jasmin et de la tubéreuse.

 

 

Les matières premières comme le musc, le patchouli, le vétiver ou le santal arrivent directement en France grâce à la Compagnie des Indes qui contribue au développement et à l’indépendance de la parfumerie française.

 

Sous Louis XIV, la pratique du bain retombe (le roi Soleil prenait un bain par an !), et le paraître prend de plus en plus d’importance. Les poudres parfumées sont d’usage à la cour, et le parfum tient lieu d’hygiène à lui tout seul, en dissimulant les mauvaises odeurs.

 

Madame de Tremoille, surnomée « la Nerola », portait des gants parfumés à la fleur d’oranger. Ces gants, « guanti di Neroli », auraient donné leur nom à l’essence de Néroli.