par René OLIVIER

JEANNE EQUESTRE

 


Parmi les nombreux mystères qui jalonnent la vie de Jeanne d’Arc, demeure celui de la brusque métamorphose de la jeune bergère ignorante  en un chef de guerre surclassant tous les généraux de son temps et bouleversant en une douzaine de batailles victorieuses, le sens de la guerre de Cent Ans.

 

« Je ne suis qu’une pauvre fille. Je ne sais ni chevaucher, ni conduire la guerre!... »

 

Telle est la réponse que fit la jeune paysanne de Domremy, lorsqu’une voix mystérieuse vint lui murmurer à l’oreille qu’elle devait prendre les armes pour sauver la France en péril extrême.

 

Et Jeanne avait raison. Elle avait une juste idée d’elle-même... de sa propre réalité : « Cette mission n’est pas pour moi. Ce n’est pas mon état!... » disait-elle. C’était donc un refus... Un refus justifié.

 

Mais la voix revenait. La voix insistait. Elle insista si bien qu’à force, par résignation, mais toujours sans comprendre l’étrange message, Jeanne finit par se soumettre. Et lorsqu’elle exprimait ses doutes, la voix lui disait simplement : « Va!..Va!..fille de Dieu... je serai avec toi!... »

 

Alors, elle partit. Elle partit vers Baudricourt. Vers Baudricourt l’incrédule, pour le persuader de lui fournir une escorte qui la conduirait jusqu’au dauphin. Et c’est peut-être en s’efforçant de convaincre l’incrédule Baudricourt, que Jeanne finit par se persuader elle-même. Mais pour convaincre ce guerrier butté, il ne fallut pas moins qu’un prodige. Ce fut, le samedi 12 Février 1429, la révélation qu’elle fit de la bataille de Rouvray, le dernier désastre français,  à 600 kilomètres de distance, et au moment même où elle se livrait.

 

A partir de là, tout s’éclaire. Dès la confirmation de la nouvelle, Baudricourt a compris. Jeanne aussi. Départ immédiat pour Chinon sous escorte. Avec une lettre pour le dauphin.

La suite, nous la connaissons : c’est toute l’épopée de Jeanne d’Arc. Par contre, ce qu’il faut que l’on sache bien, c’est que le point initial de cette épopée, le déclic qui provoqua la métamorphose de la bergère ignorante en redoutable chef de guerre, est un autre événement, un événement cavalier... et essentiellement cavalier.

 

Or, cet événement, ce déclic cavalier eut lieu avant même le départ de Vaucouleurs ; c’est-à-dire pendant la longue période d’incubation où la Pucelle assaillait vainement cette citadelle de têtardise qu’était Baudricourt. C’est sur ce point qu’il faut à présent s’expliquer...

 

 

LA LANCE DE NANCY

L’événement qui nous intéresse eut lieu en fin Janvier 1429, au moment où Jeanne émergeait à peine de ses 16 ans. Les villageois de Vaucouleurs, intrigués par les propos de cette fille se disant missionnée par le ciel, l’avaient prise en affection. Déjà les échos de sa présence se répandaient jusqu’à Nancy. Le duc Charles II de Lorraine en fut averti. Imaginant qu’il s’agissait d’une sorte de guérisseuse, il la fit mander auprès de lui, dans l’espoir d’en obtenir soulagement d’on ne sait quelles vieilles douleurs.

 

Jeanne se rendit à l’invitation du duc, avec l’idée toute différente de lui demander... de lui prêter son gendre René d’Anjou, avec ses guerriers, pour l’aider à chasser les Anglais d’Orléans.

 

Au cours de l’entretien où Jeanne exprima sa curieuse demande, Charles II lui dit : « Mais comment veux-tu conduire les guerriers au combat, alors que tu ne sais même pas monter à cheval?... » Soudain piquée au vif, la Pucelle lui répond : « Qu’on me donne un cheval et l’on verra si je sais le mener!... » Amusé par la répartie, le duc se dit ; « Après tout, pourquoi pas?... » Et il lui fait harnacher un destrier noir. Nous connaissons la couleur de sa robe, car le texte latin qui relate la scène le qualifie de « pili negri ».

Sitôt en selle, Jeanne s’avance sur la pelouse où d’ordinaire les chevaliers se livrent à leurs exercices. Saisissant une lance, elle fonce au galop et, devant les courtisans ébahis, embroche l’un de ces mannequins appelée faquins ou quintaines, comme l’eut fait un homme d’armes expérimenté. Le coup est si réussi que le duc, bon connaisseur en la matière, lui offre aussitôt le coursier qu’elle monte avec un tel brio. Il sera le premier cheval de guerre de la Pucelle.

 

Pour nous, l’important est dans l’opposition formelle séparant la réponse certainement sincère de Jeanne à ses voix : « Je ne sais chevaucher!... » et la lance de Nancy qui prouve le contraire. Entre ces deux moments, s’est opérée, par une voie mystérieuse, la paradoxale métamorphose de la bergère en combattante.

 

Autre donnée capitale pour la chronologie : nous connaissons ainsi la date de naissance du nouveau personnage cavalier dans la nature de la Pucelle. Jeanne-la-cavalière est née à Nancy en fin Janvier 1429, c’est-à-dire vers la fin de son adolescence.

 

Enfin, il apparaît pour nous en toute clarté, que l’événement déclenchant de cette métamorphose est de nature essentiellement cavalière. Désormais, la nouvelle vie guerrière de Jeanne d’Arc sera marquée de ce sceau.

 

 

UNE HEROINE A L’EXERCICE

 

Dès l’épisode inaugural de Nancy, la vie cavalière de la Pucelle se poursuit à un rythme accéléré. Ramenant de la cour de Lorraine le beau bai-brun de Charles II, elle repart bientôt pour la grande équipée de Vaucouleurs à Chinon. Là, c’est le renouvellement que nous savons, de l’exploit de Nancy, devant Charles VII et Jean d’Alençon, une pratique qui devient chez elle une routine.

 

Mais dans ces démonstrations, il ne s’agit pas pour Jeanne de « faire du spectacle ». Ce genre est tout à l’opposé de sa pensée. Ses galopades martiales coutumières, ponctuées d’un magistral coup de lance, ne sont que des exercices préparatoires aux combats qu’elle doit affronter. Mais il semble bien qu’elle ait pris goût à la chose.

 

On trouve dans les récits de ses contemporains, la preuve de leur fréquence. Marguerite La Touroulde, la veuve de René de Bouligny, Conseiller Général des Finances du Roy, qui la reçut  chez elle pendant 3 semaines, nous a laissé de la Pucelle le portrait le plus vivant et précis. Selon cette observatrice avertie : « Jeanne montait à cheval et maniait la lance comme l’eut fait le meilleur chevalier, ce dont les hommes d’armes eux-mêmes étaient dans l’admiration ».

 

Puis, hors de ce programme d’entraînement, nous voyons Jeanne au combat, charger à la lance, le 8 Mai 1429, au côté de La Hire, lors de la contre-attaque de St-Jean-le-Blanc, mettant, selon la chronique, les assaillants Anglais    « en une fuite laide et honteuse ». Et si les contemporains, pris dans le feu de l’action, n’ont pas songé à mentionner ce détail allant de soi, on imagine sans peine ce que fut son élan, le samedi 18 Juin 1429, entraînant le corps de bataille de Patay, dans la plus terrible charge de la guerre de Cent Ans qui laissa derrière elle quelques 4.500 cadavres ennemis....

 

On peut encore juger de la prestance de Jeanne d’Arc à cheval, d’après la vision qu’en eut un ennemi présent sur le champ de bataille et dont ses mémoires portent témoignage. Il s’agit de Georges Chastellain  l’historiographe du duc de Bourgogne. Voici son récit :

« Elle montait à cheval comme ferait un homme et parée par son harnois d’une huque de riche drap  d’or vermeil. Elle chevauchait un coursier lyart moult bel et moult fier et se contenait en son  harnois et en ses manières comme eut fait un capitaine meneur d’un grand ost. Et en cet état, avec  son étendard haut élevé et voletant en l’air du vent, et bien accompagnée de nombreux et nobles  hommes, auteur de quatre heures après midi, saillit hors de la ville qui tout le jour était restée  fermée, pour faire cette entreprise par un vigile de l’Ascension. »

 

... Et demeurant ébloui devant les derniers coups d’épée de son dernier combat, le chevalier Georges Chastellain ne put retenir ce cri d’admiration, ultime hommage d’un ennemi à la jeune héroïne quittant la scène de l’histoire, sur son tiers pallefroy lyart :

 

« ... La pucelle SURPASSANT NATURE DE FEMME, soutint grand fardeau et mit beaucoup de  peine à sauver sa compagnie de la porte, demeurant derrière comme chef et comme la plus vaillante  du troupeau ».

 

 

 

L’INITIATION EQUESTRE DE JEANNE D’ARC

 

Le mystère suscité par la vie cavalière de Jeanne d’Arc a suggéré chez les historiens bien des hypothèses. Il faut donc en parler. Certains ont supposé qu’elle ait été initiée avant son entrée sur la scène de l’histoire, dès son enfance à Domremy. La simple réponse de Jeanne à ses voix s’y oppose : « Je ne sais chevaucher, ni conduire la guerre!... »

 

D’autres ont pensé que cette initiation ait été due à sa longue randonnée de Vaucouleurs à Chinon, en compagnie des cavaliers chevronnés de son escorte. Là encore, la logique est contre eux, puisque l’épisode de Nancy, où les qualités équestres de Jeanne se révélèrent avec éclat, est antérieure au grand voyage.

 

On peut donc seulement penser que la longue chevauchée de 660 km qui la conduisit à Chinon en 10 jours de pratique permanente, au moment le plus dur de l’hiver, sur un parcours où la présence de l’ennemi imposait de pénibles contraintes d’itinéraire, évitant les villes, les routes et le passage des ponts gardés au profit des gués sur 6 cours d’eau généralement gelés, avec étapes de nuit, précarité des gîtes et du ravitaillement, sans compter l’obligation des soins prioritaires aux chevaux, ait eu seulement pour effet de familiariser Jeanne avec la pratique courante de l’équitation de campagne qui devait prendre une place prépondérante dans sa vie.

 

Ainsi, sur le problème de l’initiation équestre nous voici ramenés à la même cause qui sous-tend tout le mystère de Jeanne d’Arc celle de la METAMORPHOSE, phénomène global qui explique aussi bien ses qualités cavalières inattendues que ses aptitudes guerrières autrement  paradoxales chez une bergère de 17 ans. Il faut d’ailleurs attribuer à ce phénomène hors de portée de nos moyens d’investigation, bien d’autres facultés exceptionnelles, surnaturelles et intellectuelles, qui se manifestent tout au long de son épopée.

 

 

 

LE PIQUET DE GUERRE DE LA PUCELLE

 

Par une curiosité naturelle de cavalier, nous avons été un jour tenté de faire l’inventaire des chevaux qu’eut Jeanne d’Arc au cours des deux années de son épopée. Nous en avons retrouvé 22, ce qui constitue un beau piquet de guerre pour une jeune fille de 17 ans. Ce bilan, certainement incomplet, fut publié dans la revue de la cavalerie blindée (N° 162 ; Juin 1993).

 

Mais sur ce lot, il faut distinguer d’une part les chevaux de combat qui en ce temps avaient droit aux titres prestigieux de coursiers, destriers ou palfroys, ces derniers appréciés aussi pour la parade, Jeanne en eut au moins deux. D’autre part, les chevaux de randonnée et de voyage, les trottiers, les roussins et les sommiers chevaux de bât.

 

Jeanne a elle-même déclaré, lors de la 1ère séance du hideux procès de Rouen : « J’avais 5 coursiers achetés de l’argent du roy, sans compter les trottiers au nombre de 7. Or, ce bilan lui-même est incomplet car il n’inclut pas des chevaux de haut prestige offerts à la Pucelle, le « pili negri » par le duc Charles II de Lorraine, 2 autres par le duc Jean d'Alençon , plusieurs autres par le duc Jean 1er de Bretagne, ce qui porte à au moins 10 le nombre des montures de tout premier rang. Il faut en outre mentionner, pour le caractère émouvant de ses origines, le roussin alezan doré, procuré à Vaucouleurs par l’oncle Durand Laxart.

 

C’est donc des seuls chevaux de combat que nous dirons un mot au passage, car avec eux, la Pucelle s’illustra sur les champs de bataille.

 

Le tout premier à évoquer dans l'ordre chronologique, est le superbe cadeau de Charles II de Lorraine, le « pili negri ». Après le grand voyage de Chinon. On le voit revenir çà et là dans les chronique. Est-ce lui le cheval ombrageux que la Pucelle sut si bien maîtriser à Selles-en-Berry dans le récit des frères de Laval?...Est-ce lui que Jeanne montait lors de sa glorieuse charge de Patay. On souhaiterait en avoir la certitude.

 

Puis vient le cheval blanc que Jeanne montait au soir du 28 Avril, pour son entrée dans Orléans à la tête de 200 lances.

 

Ce coursier superbe faisait partie, avec l’armure blanche forgée à ses mesures par Colas de Montbason et la maison militaire confiée à Jean d’Aulon, de l’équipement fourni par le dauphin dès qu’il eut compris le bien fondé de la providentielle mission de la Pucelle.

 

C’est la même monture que le page Louis de Coutes amène harnaché à Jeanne pour son départ fulgurant vers la Bastille de St Loup le mercredi 4 Mai et dont les fers font jaillir le feu du pavé.

C’est sur lui aussi que deux jours plus tard, nous voyons la Pucelle charger à la lance, au côté de La Hire, dans la fougueuse contre-attaque de St-Jean-le-blanc.

 

Enfin, c’est toujours sur son royal palefroy qu’à l’aube du 8 Mai, le grand jour de sa victoire, Jeanne, à la tête de son armée prête à charger, regarde Talbot rassembler ses troupes pour retraiter vers les positions anglaises fortifiées du coude de la Loire, pour s’y abriter des coups de la terrible Pucelle.

 

La dernière monture de Jeanne fut le brillant palefroi sur lequel Georges Chastellain la vit combattre à Compiègne. Il la suivit dans sa captivité au Crotoy. Elle l’avait acheté à Senlis pour sa beauté exceptionnelle. Et il avait coûté à l’escarcelle royale, une petite fortune.

 

 

 

LA RESTAURATRICE DE LA CHEVALERIE

 

A côté de ses autres valeurs primordiales  de sainteté et d’héroïsme, l’un des traits qui caractérisent sa suréminente noblesse réside dans la dimension chevaleresque de la personnalité de la Pucelle.

 

L’esprit chevaleresque qui contribua tant à faire émerger la société européenne de la barbarie née de la ruine de l'Antiquité, apparaît aux XIème et XIIème siècles sous son double aspect militaire et culturel. Militaire avec l'élan des Croisades ; culturel avec l'envolée florissante de "l'Amour Courtois" propagé par les Troubadours occitans, après l'ébauche des chansons de Geste.

Cet esprit chevaleresque demeura vivace jusqu'aux premières années du XIIIème siècle, où l'échec de la IVème croisade (1202-1204) déviée de son cours au profit des marchands vénitiens, et de la fausse "croisade" dite "contre les Albigeois" (1209-1229) qui provoqua une guerre civile entre européens, marquèrent le début de son déclin.

 

Dès lors, privé de la vitalité de son élan original, l'esprit chevaleresque se fige dans un ritualisme qui, au fil des temps, le vide de sa substance héroïque et culturelle, jusqu'au désastre de Nicopolis (1395), où l'élite européenne qui en était garante, vint s'écrouler sous les cimeterres de Bayezid Ier, avant que ce redoutable fléau soit lui-même écrasé sous la ruée dévastatrice du Khan Turco-Mongol Timour-Leng, qui sauva ainsi l'Occident d'une ruine complète.

 

Après ce nouveau désastre,  les timides résurgences de l'esprit chevaleresque subsistèrent jusqu'à la fin du XVIème siècle, où il connut son chant du cygne avec la glorieuse bataille de Lépante (1571) qui sauva une nouvelle fois l'Occident d'une invasion turque imminente. C'est alors qu'un authentique héros de cette victoire, Miguel de Cervantès, conscient de l'évolution fossilisante de l'esprit chevaleresque, en dressa dans son "Don Quichotte" une amère vision caricaturale qui en fut l'oraison funèbre.

 

C'est dans ce vaste panorama chronologique de 6 siècles, qu'en 2 années de combats victorieux, l'éblouissante épopée johannique  va, comme par un effet de réanimation spirituelle, marquer un coup d'arrêt, au moins momentané, à la régression chronique de l'esprit chevaleresque.

Dans la fâcheuse ambiance générale ainsi décrite, on ne saurait s'étonner qu'au XVème siècle, les valeurs autant militaires que culturelles se soient engagées dans la longue phase dépressive de la guerre de Cent-Ans.

 

A l'étude de ces campagnes qui ne ressemblent en rien aux grandes opérations structurées de l'Antiquité gréco-romaine et byzantine, on est effaré de constater la régression de l'Art militaire dans une phase d'infantilisme affligeant.

 

C'est ainsi qu'aux actions parfaitement décousues de Bouvines (1214) ou de Mons-en-Pévelle (1304) par exemple, où après une masse d'exploits individuels totalement incoordonnés, le vainqueur était tout simplement celui qui demeurait vivant sur le terrain, après l'anéantissement ou la fuite de l'adversaire, sans que jamais soit engagée l'exploitation stratégique du résultat. A ces sortes de fantaisies  meurtrières, succède dès la fin du XIIIème siècle, la tactique tout aussi simpliste, pratiquée par les Anglais depuis leur modeste expérience des guerres d'Ecosse.

 

En dehors des sièges soumis aux règles du vieux traité de Poliorcétique de Végèce, datant du Vème siècle, il ne s'agissait, en rase campagne que d'implanter en hâte, sur un obstacle naturel du terrain, une haie faite de pieux pointus appelés "pinchons", à l'abri de laquelle des lignes d'archers armés du "long bow" attendaient pour les cribler de flèches, que les chevaliers français viennent docilement s'y empaler. Ce qui, la bravoure aidant, ne manquait jamais de se produire? Telle fut la principale source de nos malheurs dans l'abominable suite de désastres, depuis Crécy (1346), Calais (1347), Poitiers (1356), Azincourt (1415), Cravant (1423), Verneuil (1424), jusqu'à Rouvray (1429).

 

Mais voilà précisément que tout change, avec le débouché sur le champ de bataille, de la jeune bergère parfaitement ignorante de ces pratiques débiles, mais agissant sous l'effet d'une inspiration fulgurante qui ressuscita un Art Militaire enfin manœuvrier, en opposant aux pratiques strictement défensives, un esprit résolument offensif, en agissant toutes forces réunies sur les points sensibles d'un dispositif ennemi disséminé, au bénéfice d'une science prodigieuse du mouvement.

 

A côté de cette restauration de l'Art Militaire dans le respect de ses principes traditionnels, la Pucelle, par l'élan de renouveau spirituel dans lequel elle restaure l'armée française, y ravive du même coup, au moins pour le temps de son épopée, le sens et  l'esprit chevaleresque dont elle est elle-même la vivante incarnation.