par Michel DUTOUR

LE MONT SAINT MICHEL

fondation du sanctuaire

 

En 708, Saint Michel apparût  à Aubert, évêque d’Avranches, lui ordonnant la construction d’un sanctuaire où il serait honoré « par volonté de Dieu ».

Un moine bénédictin du XVIIème siècle, Dom Thomas Le Roy, s’appuyant sur un document de la fin du Xème siècle, résume ainsi cette histoire.

 

« L’an 708, le seizième jour du mois d’Octobre, Dieu consola les bons ermites de la perte qu’ils avaient faite en la subversion de leur sainte demeure et les habitants des pays circonvoisins dans la submersion et inondation de la dite forêt par une première apparition de l’Archange Saint Michel, la nuit, en dormant, à Saint Aubert, sus-nommé Évêque d’Avranches, en laquelle il lui commanda de lui édifier un Temple sur le Mont-de-Tombe, et que Dieu voulait qu’il fut honoré, ainsi qu’il l’était au Mont Gargan. Le Saint Evêque, craignant d’être surpris en telle occurrence de l’esprit malin, il pria Dieu de ne le laisser tromper. Quelques jours se passant là-dessus, l’Archange lui apparut derechef en dormant et après l’avoir tancé, lui enjoignit très expressément de faire édifier le temple susdit au plus tôt, ce que l’Évêque n’ayant encore tout-à-fait cru ni ajouté foi, priant plus instamment la divine bonté de lui faire connaître sa volonté et de ne permettre qu’il fut déçu, l’Archange lui apparut pour la troisième fois et le blâma de son incrédulité et ingratitude à son endroit et, s’approchant, lui toucha du doigt la tête de telle sorte qu’il y fit un trou par lequel on voyait la cervelle... »

 

Or, cette troublante relique, échappée quasi par miracle aux fureurs révolutionnaires, fut remise en 1802 à la garde du curé de Saint Gervais d’Avranches. Cette « curiosité médicale » s’y trouve toujours.

« ....Alors , tout tremblant de peur, continue notre chroniqueur, saint Aubert lui demanda l’endroit dudit Mont-de-Tombe où il voulait cet oratoire lui être érigé. L’Archange lui dit au lieu où était un taureau lié qu’un larron avais mis en ce lieu pour, par après, le vendre à loisir au loin, et de plus, que l’oratoire fut de même grandeur que l’endroit foulé des pieds de l’animal. Tout ceci est tiré de nos manuscrits susdits, des anciens bréviaires d’Avranches;  et le bréviaire du Diocèse de Rennes dit que ce larron avait nom Léon. J’ai tout ceci remarqué et noté pour servir ce que de raison, le premier jour de Janvier 1647.... »


 

 

SAINTE CATHERINE D’ALEXANDRIE

 

Catherine naquit à Alexandrie.

 

Alors qu’elle était encore païenne, elle aperçut en songe la Vierge Marie lui présentant son Fils Jésus. Ravie de l’adorable beauté du Sauveur, elle décida de lui consacrer sa virginité. Baptisée peu après, elle franchit rapidement les degrés les plus élevés de la perfection chrétienne et reçut au doigt l’anneau miraculeux d’épouse du Christ.

Pour reprocher à l’empereur Maximin II d’entraîner les peuples dans l’idolâtrie, elle ne craignit pas d’aborder le souverain dans le temple de Sérapis : son argumentation fut si savante, si serrée, que celui-ci fut impuissant à lui répondre.

 

Un tribunal de cinquante philosophes, les plus érudits d’Egypte, fut rassemblé à Alexandrie;  il accueillit par des sarcasmes la Vierge Chrétienne traduite à la barre. Mais Catherine réfuta victorieusement toutes les objections de ces sophistes et parvint même à les convertir au christianisme.

 

Néanmoins, comme elle refusait de sacrifier aux idoles, elle fut condamnée à être décapitée. En faveurs extrêmes, elle pria et demanda à Jésus-Christ que son corps virginal ne soit pas touché par les bourreaux et que les persécutions des chrétiens prennent fin.

Catherine subit le martyre le 25 novembre 307, mais sa prière fut exaucée : des anges l’ensevelirent eux-mêmes au sommet du Mont Sinaï et les persécutions cessèrent. Ce fut en l’an 312 que Constantin leva le labarum (1) et remporta l’éclatant triomphe du pont de Milvius, qui marqua la fin du paganisme officiel.

 

(1) Labarum : étendard impérial sur lequel figuraient une croix et le monogramme du Christ.


  

 

SAINTE MARGUERITE D’ANTIOCHE

 

Marguerite, fille d’un prêtre idolâtre très réputé, naquit à Antioche. Elle fut mise en nourrice chez une vertueuse femme qui lui inspira de bonne heure l’horreur du vice et l’amour de la vertu. Très tôt elle embrassa le christianisme et elle consacra sa virginité à Jésus-Christ. Son père en conçut une si grande fureur que, après avoir tenté de la faire renoncer à sa religion, il l’éloigna d’auprès de lui.

 

Sa nourrice la recueillit alors comme sa fille, et, Marguerite fit preuve d’une si grande humilité qu’elle lui obéissait en tout comme une simple servante.

 

A cette époque, un proconsul nommé Olibrius se rendit à Antioche, en ayant mission de persécuter les chrétiens. C’est alors qu’elle fut arrêtée.

 

Saisie de crainte à la pensée de sa fragilité et des tourments que les païens infligeaient aux chrétiens, elle pria le Seigneur de l’assister.

 

Elle fit preuve d’un courage indomptable. Interrogé par Olibrius qui désirait fortement qu’elle prenne rang parmi ses concubines, elle lui répond : « Je ne dépends d’aucun homme. Je confesse de coeur et de bouche que je suis servante de mon maître Jésus-Christ, que j’ai appris à révèrer et à honorer dès l’âge le plus tendre, et que j’adorerai toujours ».

Furieux Olibrius la fit suspendre par la tête et frapper de verges, au point que le sang coula en abondance. Comme elle persévérait dans sa foi; il la fit déchirer par des crochets de fer. Marguerite supportait tout avec patience et courage. Elle fut ensuite jetée dans un cachot, où elle passa la nuit. Là, Satan vint la tenter et l’effrayer, mais elle le mit en fuite. Ensuite, elle fut réconfortée par une vision céleste.

Le jour venu, le juge ordonna de la brûler avec des torches ardentes. Mais le feu demeura sans effet, il semblait la rafraîchir. Le juge ordonna alors de la jeter dans une marmite d’huile bouillante, mais de là encore elle sortit indemne. Ne pouvant pas briser sa résistance, il ordonna de la décapiter. Ainsi Marguerite mourut-elle, le 16 Août 276.