« Le Conseil Royal de Châteauneuf-sur-Loire »

UN GRAND ACTE POLITIQUE DE JEANNE D’ARC

 

« Le Conseil Royal de Châteauneuf-sur-Loire »

 

 

En ce printemps 1995, à l’avant veille du XVème centenaire du baptême de la nation franque née sur les fonds baptismaux de Reims une nuit de Noël 496, l’épisode retracé ci-dessous par rené Olivier montre de façon éclatante comment Jeanne la Pucelle joua un rôle-clé dans l’histoire de la fidélité de la France à sa vocation. Une vocation reçue avec le sacre de Reims, par l’intermédiaire de Saint Rémi.

 

 

Le conseil Royal tenu le mercredi 22 Juin 1429 à Châteauneuf-sur-Loire fut un acte décisif du règne de Charles VII et de la guerre de Cent Ans. L’initiative, le mérite et l’heureux résultat en reviennent exclusivement à Jeanne d’Arc.

 

LA SITUATION

 

Comme tout événement politique de haute portée, cet épisode s’inscrit dans une fresque historique de vaste dimension où il trouve sa vraie signification. Ce nouvel exploit de Jeanne d’Arc est la conclusion logique de ses récents et éblouissants succès, au cours des quatre batailles qui provoquèrent en cinq jours, du 4 au 8 Mai, la levée du siège d’Orléans et des quatre autres victoires qui anéantirent les forces ennemies rétablies en défensive sur le coude de la Loire.

 

C’est dans ces conditions qu’arrivant chargée de la gloire de ses deux campagnes foudroyantes, Jeanne d’Arc va avoir à engager, sur un tout autre terrain, une nouvelle bataille dont l’enjeu est d’arracher à Charles VII la décision de marcher sur Reims, où il doit recevoir son digne sacre, selon la tradition établie sur la lignée royale capétienne depuis ses origines.

 

Le mot de « nouvelle bataille » n’est pas exagéré car, si étonnant que cela paraisse pour une réalisation aussi simple dans des conditions si bien préparées par le prestige de la Pucelle, de dangereux obstacles habilement suscités vinrent en entraver et compromettre la réalisation. 

 

 

 

LES DONNEES DEFAVORABLES

 

La principale de ces traverses est dans l’opposition obstinée, sournoise, rampante, habile et puissante, révélée depuis le début de l’intervention de Jeanne d’Arc, contre toutes ses initiatives. Parmi les composantes de cette tendance, il faut compter la jalousie de Gaucourt le gouverneur d’Orléans, qui après huit mois d’un siège dont il s’était révélé incapable de libérer la ville, vit une simple bergère ignorante de dix-sept ans régler le problème en cinq jours de batailles sanglantes.

 

A cette force d’opposition s’en ajoute une seconde bien plus redoutable. Il s’agit de la perfide action souterraine de La Trémoille grand chambellan et principal conseiller de Charles VII. Lui aussi, avec une toute autre habileté de courtisan madré, intrigue, pour ruiner les initiatives de Jeanne, cette intruse dont les fracassantes interventions bouleversent la situation que le politicien retors tient à garder sous son contrôle. Ce profiteur vicieux de la faiblesse de Charles VII joue à son profit personnel une partie dans laquelle la monarchie française n’est qu’un instrument.

 

En arrière plan de ces deux puissances agissantes, il faut encore compter l’action nocive d’un esprit tortueux et servile. Celle de Regnault de Chartres l’archevêque de Reims. Ce prélat dévoyé dans la politique lie par calcul son action aux intrigues qui lui paraissent profitables à ses intérêts.

 

Enfin, une autre donnée défavorable est à noter. Elle est dans la mentalité maladive, pusillanime, hésitante, inquiète et fluctuante de Charles VII lui-même, offrant un terrain favorable aux manœuvres insidieuses de son entourage.

 

 

 

LES DONNEES FAVORABLES

 

Face à ces données inquiétantes, vient un élément d’un poids considérable : la personnalité de la Pucelle, toute rayonnante du prestige de ses récents exploits militaires. Ses ennemis de cour connaissent sa farouche résolution de briser les obstacles qui s’opposent à l’accomplissement de sa céleste mission, comme elle le fit dans les conditions autrement périlleuses des champs de bataille.

 

Mais par bonheur, dans ce combat contre les forces obscures, Jeanne n’est pas seule. A l’attachement sans faille de ses capitaines, ses frères d’armes, s’ajoute celui de l’armée entière qui reconnaît lui devoir son brusque passage des humiliantes défaites du passé à cette série de glorieuses victoires qui lui confèrent un ascendant irrésistible sur les armées ennemies.

 

A la puissance inébranlable de cette fidélité passionnée s’ajoute le soutien vigilant, agissant, habile et déterminé de l’entourage immédiat du dauphin. Si la dauphine Marie d’Anjou fut favorable sans que cette heureuse disposition ait un grand poids sur la pensée de Charles VII, sa mère par contre Yolande d’Aragon, l’une des grandes dames du XVème siècle, qui avait élevé Charles VII avec l’affection d’une mère, gardait sur lui un ascendant moral d’une haute efficacité qu’elle mit, avec autant d’intelligence que d’autorité au service de la Pucelle.

 

De plus, deux prélats d’exceptionnelle valeur avaient également sur les pensées de Charles VII une puissance de persuasion déterminante. Il s’agit de Jean Gerson l’ancien maître de l’Université de Paris et Jacques Gélu l’évêque d’Embrun. Tous deux furent pour la Pucelle un soutien d’une valeur inestimable.

 

 

 

LE JEU DES OPPOSITIONS

 

Dans cette ambiance malsaine de conflit souterrain, s’engage la partie décisive où doit se jouer le destin français qui passe, selon la céleste volonté, par la route de Reims.

 

C’est là qu’une fois de plus, l’esprit de décision de Jeanne d’Arc, dominant de très haut les intrigues sournoises et manœuvres obliques de ses ennemis, va obtenir une nouvelle et brillante victoire.

 

Mais il faut agir vite car en cet instant historique une grave pensée occupe l’esprit de Jeanne. Les armées ennemies de Talbot et Fastolf, vaincues à Orléans et à Jargeau, ont été écrasées à Patay. Les petits contingents anglais, restant avec les garnisons bourguignonnes pour occuper quelques places intérieures comme Auxerre et Troyes, ne sont pas à redouter. Si besoin est, Jeanne à la tête de sa brillante armée du sacre, leur fera leur affaire... au passage.

 

Il faut donc profiter de cette conjoncture éminemment favorable pour en terminer avec le sacre qui, par la double consécration religieuse et politique, doit conférer à la monarchie capétienne de Charles VII la solidité du roc, car il faudra ensuite se retourner sur la nouvelle armée anglaise que Bedford fait préparer en Angleterre.

 

Sur cet enjeu, une lutte indécise, dont la conscience de Charles VII est le terrain, s’engage dès le dimanche 19 Juin, le lendemain de la victoire de Patay. A Orléans, où Jeanne ramène ses troupes pour une journée de repos bien mérité, toute la ville pavoise pour lui faire un triomphe indescriptible. Le dauphin va venir. La Pucelle se prépare à le recevoir pour lui faire savourer au milieu de son peuple fidèle, la victoire qu’elle lui procure.

 

Mais Charles VII n’arrive pas. Le 20...le 21...Où est-il donc et qu’attend-il?... En réalité, une peur lui barre la route. Il appréhende de trouver auprès de Jeanne, celui qui participa avec autant de fougue que de loyauté, à la bataille de Patay. Il s’agit du Connétable de France, Arthur de Richemont avec qui il est en froid, depuis que la Trémoille, son ennemi juré lui en a dit tant de mal.

 

Pour se garder de cette éventuelle rencontre, Charles VII se réfugie à Sully-sur-Loire, le fief de La Trémoille. Le voilà donc placé de nouveau sous la méchante influence des ennemis de Jeanne, qui ne manquent pas de profiter de son caractère inquiet et indécis pour dresser à ses yeux les prétendus dangers de l’expédition de Reims. Ils réussissent si bien à l’endoctriner... que  le souverain ne viendra même pas retrouver la Pucelle parmi ses fidèles Orléanais.

 

Alors que ces fourbes croient avoir gagné la partie, Jeanne n’y tient plus. Elle a compris leur jeu. Elle saute à cheval pour attaquer une fois de plus. Quittant Orléans, elle arrive à Sully-sur-Loire pour y chercher Charles VII et l’arracher à ceux qui tentent de le détourner de son devoir. Elle l’amène à Saint-Benoît-sur-Loire et à Châteauneuf-sur-Loire où ses capitaines sont rassemblés pour soutenir l’ardente offensive qui doit enlever la bonne décision.

 

Pendant que tous deux chevauchent côte à côte sur la rive du fleuve, ému sans doute du mal qu’elle s’est donné pour accomplir en si peu de temps tant de prodiges.. à  moins que ce ne soit pour la faire temporiser dans la poursuite de ses audacieux desseins, Charles VII conseille à la Pucelle... de prendre un peu de repos bien mérité.

 

Du repos!... Devant l’ampleur et l’urgence de la tâche que lui impose sa céleste mission, il n’en et point question - lui dit-elle en pleurant de lui voir émettre une idée aussi dangereuse. Il faut au contraire rassembler l’armée pour un départ immédiat et s’engager résolument sur la route de Reims. Devant les ordres du ciel, on n’a pas le droit de temporiser : on exécute.

 

Soustrait à l’influence de ses mauvais conseillers, Charles VII se montre plus sensible à l’impérative insistance inspirée de la Pucelle. La seule présence de Jeanne restaure en lui le bon coté de sa nature. Les certitudes formelles qu’elle lui a procuré par ses révélations intimes, dans le secret du château de Chinon, ont laissé dans son esprit une empreinte indélébile. Il sait d’où vienne les messages de la Pucelle. Cette conviction secoue l’indolence chronique de son caractère. Par la puissance émouvante de sa démarche Jeanne enlève la décision souhaitée : le Conseil Royal qui doit tout régler aura lieu le lendemain.

 

 

 

LE CONSEIL ROYAL

 

C’est dans l’ambiance solennelle du retour triomphal des récentes victoires que le mercredi 22 Juin le Conseil Royal se tient à Châteauneuf-sur-Loire, en l’honneur de la Pucelle et sur sa diligente initiative, pour prendre rang dans l’histoire comme un événement de première grandeur et de haut prestige. La scène chevaleresque qui marque de son sceau ce moment capital de la guerre de Cent Ans, ressort d’elle-même des traces encore sensibles dans les mémoires du temps. Ceux qui y participèrent en ont rendu témoignage.

 

Dans la salle d’apparat du château tout neuf dont la bourgade riveraine de la Loire entre Orléans et Sully a gardé le nom par dessus les siècles, Charles VII siège parmi la suite des familiers de sa cour, lorsqu’entre Jeanne d’Arc toute armée sauf la tête. Elle est suivie et entourée de la brillante escorte de ses capitaines.

 

Se détachant de cette fresque riche comme une enluminure, la Pucelle s’avance seule vers le dauphin, de la démarche ample et martiale qu’elle a acquise du port de l’armure. Sous cet aspect guerrier, sa grâce naturelle de jeune fille se trouve encore rehaussée.

 

Charles VII, par un égard particulier, se lève de sa cathedre et s’avance vers elle, le visage rayonnant d’un sentiment d’affectueuse reconnaissance. Fléchissant le genou, Jeanne l’embrasse par les jambes selon l’usage du temps. C’est sa forme rituelle d’hommage au souverain dont elle doit restaurer le trône. Avec une délicate affabilité, le dauphin la relève.

En cet instant, on lit sur le visage de Jeanne la calme résolution que lui inspire la haute mission dont le ciel l’a investie. Cet aspect grandiose de son naturel fait partie de l’auréole de charisme qui imprègne sa personne et rayonne sur son entourage.

 

 

 

LES TROPHEES VIVANTS DE LA VICTOIRE

 

Alors, avec l’aimable simplicité qui est l’autre marque de son tempérament, Jeanne fait un signe vers l’entrée. Les archers de sa garde introduisent une file de prisonniers, qui avec dignité se rangent au milieu de la salle face au souverain, comme un vivant témoignage des exploits de la Pucelle.

 

Sur les quelques trois cents survivants capturés lors du siège d’Orléans et la campagne du Val-de-Loire, Jeanne a choisi pour les présenter au dauphin, une douzaine de seigneurs de haut rand, parmi les plus illustres chefs de guerre de la noblesse militaire anglaise. Un par un elle les nomme à Charles VII.

 

Voici d’abord John Talbot. Il est Commandant-en-Chef de l’armée ennemie depuis la mort, devant Orléans, du terrible Salisbury. Ses compatriotes l’ont surnommé, en raison de ses services « le bouclier de l’Angleterre ». L’écuyer Jean Daneau qui l’a capturé à Patay, se tient auprès de lui.

 

Voici aussi William de la Pole, comte de Suffolk. Il défendait la ville fortifiée de Jargeau. Ses deux frères, John et Alexandre l’assistaient. Le premier est prisonnier à ses cotés. Le second a été tué au cours de l’assaut. Au moment d’être pris, le seigneur William fit chevalier l’écuyer français Guillaume Regnault qui le capturait, pour n’avoir à remettre son épée qu’à un égal... car tel est son respect de la Chevalerie!...


Viennent ensuite le seigneur Scales qui commandait la garnison de Meung, avec son second au nom aussi illustre , Warwick. Ils sont suivis d’autres chevaliers de haut rang, que voici : Messires Gauthier de Hungerford, Thomas Ramston, de Montignes, Robert Wilougby, Guion du Coing. Les autres prisonniers de moindre rang ont été laissés à la garde des Orléanais.

 

A ces vaincus, témoins de la gloire de la Pucelle, Charles VII fait un accueil bienveillant. Mais auprès de ceux là manquent d’autres grands noms. Fastolf qui à Patay trouva son salut dans une fuite éperdue. Et parmi les nombreux tués aux combat, Glasdal notamment, le défenseur des Tourelles. Jeanne d’Arc lui fit l’honneur de pleurer sur sa mort. Avec lui, gisent encore dans les eaux de la Loire, précipités tout armés par la chute du pont William Molyns, Richard Ponyng, Thomas Gyffard... pour ne citer que les plus illustres.

 

AU SECOURS DU CONNETABLE

Puis, dans l’ambiance émue de l’assistance, c’est l’instant décisif où, ayant renvoyé d’un geste les prisonniers sous la garde de ses archers, Jeanne d’Arc mettant de nouveau genou en terre pour solenniser sa requête, annonce eau dauphin qu’elle a une grâce et une faveur particulières à obtenir de sa royale sollicitude.

 

Alors, droite dans son armure étincelante, elle demande à Charles VII avec une ferveur bouleversante, de mettre un terme à la disgrâce du Connétable qui, avec tant de cœur a apporté la puissante contribution de son armée à la victoire finale de Patay, en manifestant avec une sincérité profonde son dévouement pour Charles VII et sa couronne. De ces heureuses dispositions, Jeanne toujours inspirée par ses Voix, est tellement sûre qu’elle s’en porte personnellement garante, au point qu’elle a spontanément promis au Connétable d’engager tout son crédit personnel auprès du dauphin, pour défendre sa noble cause.

 

Vit-on jamais un plaidoyer plus puissant que cette pathétique démarche de la Pucelle? Aussi bien par ses pensées et ses paroles que par ses armes, Jeanne d’Arc a des attaques imparables. Charles VII en est touché au vif. Quels que soient ses ressentiments envers le Connétable, pour l’amour de Jeanne et en haute considération de sa certitude inspirée, il accorde aussitôt le pardon. C’est un premier pas important. Mais avec le fond hésitant de sa chétive nature soumise par ailleurs à l’influence néfaste de ses mauvais conseillers, il préfère remettre à plus tard la réconciliation et le retour en grâce.

 

Le timide souverain différera longtemps la pleine exécution du vœu de la Pucelle. Mais plus tard, quand Jeanne d’Arc ne sera plus là, sa noble image reviendra souvent dans la pensée du Roy. Il la reverra à Châteauneuf, toute droite dans son armure, se détachant du décor glorieux formé par la cohorte de ses prisonniers illustres. Il entendra résonner haut et clair sous les voûtes de la salle d’apparat, l’appel de celle qui lui a rendu sa couronne et son trône. Et par ce souvenir, la Sainte Pucelle agira jusqu’au jour où les vieilles rancunes céderont à la sagesse.

 

Alors, le Connétable qui fut le meilleur élève et continuateur de Jeanne d’Arc au combat retrouvera enfin, avec la faveur royale, le rôle militaire qui, sur le champ de bataille de Castillon, mettra pour la plus grande gloire de la France, le point final de la guerre de Cent Ans.

 

LA MARCHE DU SACRE

En revenant à notre Conseil Royal du 22 Juin, dès qu’elle eut si chaleureusement tenu sa promesse faite au Connétable, Jeanne d’Arc aborde enfin la grande raison de sa venu à Châteauneuf. Raison politique, raison capitale, liée  au second impératif de sa céleste mission d’où dépend le rétablissement sacramentel, pour les siècles à venir, de la souveraineté française sous le sceptre capétien.

C’est alors, aux yeux de tous, le message solennel de la Pucelle inspirée, pour qu’aussitôt, sans plus tarder, c’est-à-dire immédiatement, Charles VII se mette, auprès d’elle, à la tête de l’armée victorieuse qu’elle ramène d’Orléans, afin de marcher sur Reims, quels que soient les obstacles rencontrés, à la cour ou sur le parcours. Selon l’ordre du ciel dont Jeanne d’Arc est la messagère reconnue, le départ de l’armée, lances hautes et étendard déployé, doit être donné.

 

Cette fois l’appel est si pressant qu’il est entendu. Les habituelles réticences, objections et sournoises critiques qui suintent en toutes occasions dans l’entourage du dauphin, ne peuvent se manifester. Si bien que le lendemain jeudi 23 Juin Charles VII regagne Gien base de départ de la grande opération. De son côté, Jeanne d’Arc rejoint Orléans  en toute hâte... car il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Le vendredi 24 de bon matin elle appelle le duc d’Alençon : « Faites sonner les trompilles et montez à cheval. Il est temps d’aller voir le gentil roi Charles, pour le mettre à son chemin de Reims ».

 

L’APOTHEOSE DE REIMS

Trois jours après, le lundi 27 Juin, l’armée lève son camp et s’engage, lances hautes et pennons au vent, sur la route de Reims, derrière l’étendard déployé de la Pucelle.

 

Le 29 Juin, au moment de quitter Gien pour rejoindre l’armée déjà en marche, Charles VII saisi d’un sentiment de reconnaissance infinie, anoblit Jeanne d’Arc et sa famille.

 

De plus, Jeanne d’Arc ayant élevé si haut la condition féminine, par une faveur unique rompant avec les usages établis, cette noblesse sera, dans sa famille, transmise aussi par les femmes.

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Enfin, pour donner à cette noblesse une consécration digne de la Pucelle, Charles VII lui confère un blason parlant où le bleu d’azur de la monarchie capétienne porte, entre deux fleurs de lys d’or, l’épée dressée soutenant la couronne royale de France.

 

Quand le dimanche 17 Juillet, dans la cathédrale de Reims l’archevêque Regnault de Chartres pose la couronne d’or sur le front de Charles VII agenouillé, Jeanne d’Arc tenant dressé au pied de l’autel son prestigieux étendard qui tant de fois fut à la peine, élève son regard vers le ciel pour rendre compte à ses Voix : « ORES EST ACCOMPLI LE PLAISIR DE DIEU ».

 

Avec les trois solennelles initiatives engagées par la Pucelle ce 22 Juin 1429, la présentation à Charles VII des vivants trophées de ses victoires, son assaut passionné pour la défense du Connétable et son ardente intervention pour imposer la marche du sacre, le Conseil Royal de Châteauneuf-sur-Loire s’inscrit dans l’histoire comme un grand acte politique de Jeanne d’Arc dans l’œuvre du redressement français, au cours de la guerre de Cent Ans.