. l'Histoire se répète

"Sept siècles plus tard... l'Histoire se répète !..."

 

 

Un samedi d'Octobre 733 l'armée franque de Charles-Martel, le grand-père de Charlemagne, sauvait l'Occident en écrasant sous les murs de Poitiers la dangereuse invasion arabe d'Abd-er-Rahman le Wali d'Andalousie. L'Europe avait déjà connu pareille menace lorsqu'en 451 Attila "le fléau de Dieu" s'était avancé jusqu'aux champs catalauniques avec ses hordes mongoles, avant de s'effondrer sous le glaive d'Aétius, à la tête de la dernière armée romaine.

 

En ramenant ses armées du Poitou vers Orléans, pour reprendre en main l'essor du Royaume Franc, Charles Martel, en chrétien pieux, s'arrêta au sanctuaire prestigieux de l'époque, Sainte Catherine-de-Fierbois, pour rendre hommage au ciel de sa victoire par un acte de gratitude.

 

Là, il fit soulever les dalles, derrière l'autel et l'on creusa une fosse où il déposa lui-même sa propre épée victorieuse marquée de cinq croix, avec celles des principaux leudes qui partageaient sa victoire.

 

696 ans plus tard, la France capétienne connaissait à son tour, venant du Nord, la même menace que celles de la chevauchée arabe de 733 ou de la ruée mongole de 491. Cette fois, plus de la moitié du pays était déjà aux mains de l'ennemi.

 

Mais là encore, la Providence veillait sur le sort de la France. Elle intervint de la façon la plus étonnante, la plus paradoxale, la plus invraisemblable qui soit, en désignant pour la sauver du pire désastre de son histoire, une simple bergère ignorante de dix-sept ans, perdue au fin-fond du pays, Jeanne d'Arc... Et de cette pauvre fille, elle fit un chef de guerre aux performances militaires bien supérieures à celles du romain et du carolingien réunies. Comme quoi la logique céleste est parfois fort différente de la nôtre!... Il faut s'y faire!...

 

Le plus curieux en tout ceci, c'est que cette même Providence qui inspirait l'héroïque bergère, eut en plus la délicatesse de ménager un lien matériel, concret, évident, entre son entreprise et celle de son prédécesseur carolingien.

 

Il advint en effet qu'au cours de l'éprouvante chevauchée de 600 kilomètres qui amena Jeanne d'Arc, depuis sa lointaine province jusqu'aux pieds du souverain dont elle devait sauver le royaume, son itinéraire soit passé, précisément, le jeudi 3 Mars 1429... par Sainte-Catherine de Fierbois.

 

Là, Jeanne d'Arc et son escorte s'arrêtèrent  longuement. Le temps de dicter une lettre pour annoncer son arrivée au dauphin, mais bien plus encore pour satisfaire, par trois messes successives, l'intense besoin de piété sacramentelle si péniblement contrariée par les conditions difficiles de sa longue randonnée.

 

Que se passa-t-il dans l'âme de la jeune sainte pendant ses longs moments d'intime familiarité avec le ciel, selon la pratique de l'oraison jaculatoire que l'on connaît dans sa nature?... Au cours de ses pieuses méditations, comment, par quel sens surnaturel dont nous avons tant d'autres preuves dans sa vie, vit-elle hors du temps le geste pieux de Charles-Martel et de ses leudes?... Comment sut-elle que l'arme si chargée des hauts symboles de la victoire, cette épée à cinq croix était là, à ses pieds, sous les dalles où elle priait?. Mystère! ce secret lui appartient  et il ne nous fut pas révélé.

 

Toujours est-il que quelques jours plus tard, le samedi 2 Avril, lorsqu'il fut question d'armer Jeanne d'Arc pour l'envoyer au combat, elle refusa la belle épée que Charles VII voulait lui offrir, demandant que l'on aille creuser  sous les dalles du sanctuaire de Sainte Catherine de Fierbois pour y trouver une épée marquée de cinq croix... car c'est avec celle-là qu'elle voulait combattre.

 

Son ordre fut aussitôt exécuté. Les moines trouvèrent avec stupéfaction l'épée au fond de la fosse. Ils firent confectionner un superbe fourreau de velours vermeil et l'armurier de Tours l'amena à Jeanne.

Un autre fourreau de velours d'or lui fut offert par les religieux de Tours et Jeanne en commanda un troisième pour le combat, en cuir bien solide, semé de fleurs de  lys.

 

C'est donc sous le haut symbole chevaleresque et guerrier de l'épée de Charles Martel, que le grandiose et mystérieux dessein de la divine Providence plaça le trait d'uni­on éminemment  spirituel entre les deux combats qui, à 696 ans de distance sauvèrent la souveraineté française de l'invasion étrangère.