Correspondance de madame Viviane Bosse Perus

 

Cher Monsieur,

Je prends enfin le temps de me mettre à jour en répondant aux mails de soutiens reçus depuis 4 semaines. Je m’excuse sincèrement de ce délai mais étant seule pour mener de front le combat concernant le sauvetage du manoir de la Hélardière contre le « pot de fer » TOTAL et DREAL, je n’ai guère le temps de m’amuser. De plus cela est nerveusement épuisant.

Et puis, il ne faut pas oublier que les propriétaires de manoirs de 2011 n’ont plus de serfs à leur service ; à moi, désherbage, taille, entretien, etc. ….

Je l’ai voulu, je l’ai eu, me direz-vous !

C’est vrai qu’il faut être maso (en plus de blonde) pour vouloir sauver un manoir dans une zone industrielle !

Revenons aux choses sérieuses ! Hier, j’ai relevé les « compteurs » dans les magasins dongeois : entre le net et localement, j’arrive à plus de 1650 signatures. Je souhaite atteindre au moins 3000.

Il faut donc continuer à se battre.

TOTAL, en haut lieu, se moque de mon action. Les directeurs parisiens partent du principe que si le manoir était classé ils en tiendraient compte ; or, c’est eux qui en empêchent le classement !!!

Il faut donc que nous touchions profondément l’image de TOTAL destructrice de patrimoine.

La SPPEF a fait paraître un article sur le numéro de ce trimestre avec photo en page de garde. Je crois que « La demeure Historique » et « VMF » voulaient également faire un article.

Au travers de ce combat, je me rends compte des problèmes liés pour la sauvegarde de notre patrimoine en France. Je trouve cela honteux. J’ai beaucoup voyagé et sauf erreur, je ne crois pas qu’il existe le même phénomène dans d’autres pays développés. Moi-même, il a fallu que 8 années se passent avant qu’il n’y ait une prise de conscience localement et que les indigènes se rendent comptent que manoir n’égale pas richesse. Les français sont « tordus » : ils aiment leur patrimoine mais sont jaloux de ceux qui donnent tout pour le conserver, surtout dans une région comme l’Estuaire de la Loire, hautement industrialisée.

Je ne sais pas si vous avez la même analyse.

Après cette petite prose, je vous souhaite un bon week-end de Pâques ensoleillé

Courage pour nos combats respectifs

Cordialement

Viviane Bosse Perus