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L'Ordre du Saint Sépulcre.










L'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie militaire et religieux, dont la fondation est attribuée à Godefroy de Bouillon, le vainqueur de la première croisade en 1099 à Jérusalem. Depuis 1847, l'ordre est une association de fidèles catholiques reconnue par le Saint-Siège et qui œuvre pour aider la communauté chrétienne installée en Terre Sainte, aujourd'hui territoire d' Israël, de la Palestine, de Jordanie et de Chypre. Sa devise est Deus Lo Vult (Dieu le veut).



Histoire.
 

Dès son installation à Jérusalem pendant la première croisade, le duc de Basse-Lotharingie, Godefroy de Bouillon, s'attache à structurer autour du Tombeau du Christ appelé « Saint-Sépulcre », une communauté mixte, composée de chanoines séculiers et de chevaliers, croisés restés en Terre sainte. Ces derniers constituaient un groupe appelé milites sancti Sepulcri (Chevaliers du Saint-Sépulcre). Cette milice avait pour mission de protéger la sépulture sacrée et ses biens. Parmi ses chevaliers, se trouvait en 1115, un seigneur du nom de Hugues de Payens qui sera en 1129 le premier maître d'un nouvel ordre religieux, l'ordre du Temple.
 

Les chanoines du Saint-Sépulcre assuraient la vie liturgique du sanctuaire. À partir de 1114, ils devinrent des chanoines réguliers, en respectant la règle de saint Augustin. Les chevaliers du Saint-Sépulcre étaient au service des chanoines et devaient obéissance à leur doyen ou prieur.
 

Par la suite, profitant des différentes conquêtes des croisés sur les musulmans, l'ordre put se développer en étendant sa mission de protection des lieux saints, sur l'ensemble du Royaume latin Franc de Jérusalem, et ce, jusqu'à la -perte finale du royaume en 1291. À cette date, les chanoines du Saint-Sépulcre s'installent au prieuré de Saint-Luc à Pérouse, en Italie. Le grand prieur prend alors le titre de maître de l'ordre.
 

À la fin des croisades, l'ordre subsiste et au XVe siècle, les souverains pontifes donnent aux chevaliers un véritable caractère d'ordre chevaleresque, tout en conférant à la Custodie de Terre Sainte (confiée aux moines franciscains) le privilège de créer les chevaliers.
 

Lors de la Révolution française, les monastères du Saint-Sépulcre sont détruits ou vendus.
 

En 1847, le pape Pie IX rétablit le patriarcat latin de Jérusalem, qui avait été supprimé au XIVe siècle. Par le bref Nulla celebrior, il réorganise l'ordre du Saint-Sépulcre et le nouveau patriarche devient le grand prieur de l'ordre rénové. Les statuts permettent alors d'adouber de nouveaux membres de l'ordre hors de Jérusalem.
 

Mgr Valerga est adoubé le 15 janvier 1848. Léon XIII et Pie X signent les documents Venerabilis frater et Quam multa te ordinemque dans le but d'organiser l'ordre. La dernière modification statutaire a été accomplie par le pape Paul VI en 1977.
 



Buts de l'ordre.
 


Définis par ses statuts, les buts de l'ordre sont :
 


d'accroitre au sein de ses membres la pratique de la vie chrétienne, en fidélité absolue au Pontife romain et d'après les enseignements de l'Église catholique, en observant comme base les principes de la charité ;
 
de soutenir et d'aider les œuvres et institutions cultuelles, caritatives, culturelles et sociales de l'Église romaine en Terre Sainte, particulièrement celles du Patriarcat latin de Jérusalem, avec lequel l'ordre entretient des relations privilégiées ;
d'encourager la conservation et la propagation de la foi dans ces régions, en y intéressant les catholiques répandus dans le monde entier [...] ;
de maintenir les droits de l'Église catholique en Terre Sainte.
Concrètement, l'ordre soutient matériellement et spirituellement les œuvres (petit et grand séminaire, écoles, hospices pour personnes âgées ou handicapées) du patriarcat latin de Jérusalem, autrement dit, la communauté chrétienne installée en Terre Sainte (Israël, Palestine, Jordanie et Chypre).

Les Chevaliers et Dames se réunissent régulièrement pour des veillées, retraites et récollections, sources d'approfondissement de la foi. Tous doivent s'engager bénévolement dans les œuvres de charité de l'ordre. La récitation régulière du rosaire est recommandée aux membres.
 


Organisation
 .

L'ordre du Saint-Sépulcre est une « personne juridique de droit canonique », selon le droit de l'Église catholique, composée essentiellement de membres laïques et d'ecclésiastiques. Les « Constititions de l'Ordre Équestre du Saint-Sépulcre », qui régissent actuellement l'ordre, ont été approuvés le 8 juillet 1977 par le pape Paul VI.
 




Gouvernement de l'ordre.
 


Saint Onuphre au janicule, siège de l'ordreBénéficiant du statut de droit pontifical, il est placé sous la protection du Saint-Siège et le gouvernement d'un cardinal Grand maître, charge actuellement occupée par le cardinal John Patrick Foley[1] depuis le 27 novembre 2007.
 

Le grand-maître donne ses directives et dirige l'ordre. Il assure les rapports de l'institution avec le Saint-Siège et les hautes autorités ecclésiastiques et civiles internationales. Au niveau national, il délègue généralement ses fonctions aux lieutenants ou aux délégués magistraux sur le territoire de leur compétence.
 

Le grand magistère de l'ordre assiste le grand-maître en organisant et coordonnant ses activités à travers le monde et plus particulièrement en Terre Sainte, ainsi que la gestion et l'administration du patrimoine de l'ordre. Il est composé par :
 

le lieutenant-général, choisi parmi les membres laïcs de l'ordre, qui représente le grand-maître ;
 
le gouverneur général, également choisi parmi les membres laïcs, qui supervise les activités du grand magistère, de la Consulta et des commissions, étudie des besoins des œuvres en Terre Sainte et des lieutenances et organise l'administration courante ;
le chancelier, secrétaire du grand magistère et de la Consulta, supervise les nominations et promotions dans l'ordre ainsi que le renouvellement des charges des lieutenances ;
le cérémoniaire, choisi parmi les membres ecclésiastique organise les cérémonies religieuses et traite des questions concernant la vie spirituelle de l'ordre ;
une dizaine de membres de l'ordre, choisis et nommés par le grand-maître, dont les deux tiers sont des laïcs.
Deux assemblées se réunissent pour assister le grand-maître :

le Conseil du grand magistère est l'organe exécutif du grand magistère. Il rassemble le gouverneur général, le chancelier et les membres éventuels du grand magistère ;
 
la Consulta, convoquée et présidée par le grand-maître qui en détermine l'ordre du jour, réunit le patriarche grand-prieur, l'assesseur, les lieutenants et délégués magistraux, un représentant de la Secrétairerie d'État et un représentant de la Congrégation pour les Églises orientales.



Grand magistère.
 

Grand-maître : Cardinal John Patrick Foley[2]
 
Grand-maître émérite : Cardinal Carlo Furno
Grand prieur : Patriarche Michel Sabbah
Assesseur : N. (fonction vacante en janvier 2007)
Lieutenant-général : Comte Peter Wolff-Metternich
Gouverneur général : Chevalier de collier Pier Luigi Parola
Vice-gouverneur généraux : Chevalier Grand-croix Baron Hubert Simonart
Vice-gouverneur généraux d'honneur : George T. Ryan
Chancelier : Mgr Juan José Dorronsoro
Chevaliers Grand-croix : Jean-Marc Allard, Robert Hugh Benson, Philippe Husson, Otto Kaspar
Cérémoniaire : Francis D. Kelly



Les lieutenances.

L'ordre est organisé en lieutenances, nationales ou régionales. Une ou plusieurs lieutenances existent dans tous les pays où l'ordre possède une organisation structurée. Actuellement, on en compte une cinquantaine, réparties dans 32 pays.

Les lieutenances assurent l'exécution des directives du grand -maître dans la limite de leur compétence territoriale. Elles informent chaque année le grand magistère de toutes les activités développées localement. Chaque lieutenance est responsable de son administration et de sa gestion financière.
 

La lieutenance est dirigée par un « lieutenant », désigné par le grand-maître. Il est assisté d'un grand prieur, membre ecclésiastique le l'ordre nommé par le grand maître et choisi parmi les évêques. Il dirige les activités religieuses de la lieutenance.
 



Comme le grand-maître, le lieutenant est assisté d'un Conseil, généralement composé :
 

du chancelier,
 
du secrétaire,
du trésorier,
du cérémoniaire ecclésiastique,
du cérémoniaire laïc,
de quelques conseillers.

Afin de décentraliser son action, la lieutenance peut instituer des délégations régionales, dirigées par un commandeur -ou délégué magistral- laïc, assisté par un prieur ecclésiastique.