Village médiéval de BILLY (03)

Billy se fâche !

Les habitants du village médiéval de Billy (Allier), près de Vichy, ont décidé de dresser une barricade humaine sur les routes d’accès au bourg. Chaque jour 6.500 véhicules dont 1.100 poids lourds traversent la rue principale, via la RN 209. Une situation devenue insupportable aux yeux des élus et des citoyens qui bloqueront la circulation entre 14 heures et 16 heures. Depuis des années, les 800 habitants de cette charmante bourgade bourbonnaise espère une déviation qui ne vient pas. « Notre village se vide, déplore le maire René Verron, qui se bat toujours pour obtenir le classement de sa commune parmi les « plus beaux village de France ». Nous avons perdu 70 habitants entre les deux recensements, les commerces ferment les uns après les autres, et les ménages désertent le bourg. Ce n’est plus possible ! »
Côté villageois, on s’organise. Une association de défense du site de Billy a vu le jour, emmenée par Daniel Chovet. « Nous sommes très en colère. Pendant des années, on nous a fait croire que Billy serait intégré dans le plan de contournement de l’agglomération vichyssoise. Or, on a appris récemment que nous étions les oubliés de ce programme routier. Seul le sud est concerné. Si rien est fait. Billy va crever ! Nous le refusons ».
Les habitants promettent d’ailleurs d’autres opérations coup de poing, jusqu’à ce qu’ils soient entendus.


(Photo : châteaux de France)

AUVERGNE > ALLIER > BILLY 24/01/13 - 06H00

La déviation a du plomb dans l’aile mais pas le trafic de poids lourds

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Malgré la bataille de longue haleine menée par l’Association de défense de la cité médiévale, 150 à 200 poids lourds circulent toujours dans la Grand’Rue, quasi désertée par les habitants et les commerces. - GIGOT Raphaele

Malgré la bataille de longue haleine menée par l’Association de défense de la cité médiévale, 150 à 200 poids lourds circulent toujours dans la Grand’Rue, quasi désertée par les habitants et les commerces. - GIGOT Raphaele

Les opérations médiatiques, les tracts, les réunions, les courriers…. Sans oublier la création d'une Association de défense de la cité médiévale. Rien n'y fait. Billy subit toujours l'enfer des camions. Habitants, attention danger ! pourrait clignoter...
 

A Billy, « ce n'est plus vivable »

 
Billy se meurt. L'Association de défense du site et de cadre de vie exige une solution transitoire en attendant une déviation qui a du plomb dans l'aile.

 

L'horizon est bouché. Billy n'a pas fini de trembler et de respirer les pots d'échappement. La desserte nord, qui devrait lui apporter un peu d'oxygène, plus personne n'en parle depuis que le contournement nord ouest a été écarté du PDMI (Programme de modernisation des itinéraires routiers).

« On n'a plus de perspective. L'enfer des camions continue. Nous ne sommes pas décidés à attendre indéfiniment », a prévenu le président de l'Association de défense du site et du cadre de vie de la commune de Billy, Daniel Chovet, lors de l'assemblée générale. « Nous comptons sur le maire pour lancer la première tranche d'aménagement de la Grande rue. Ces travaux obligeraient les autres acteurs, le Département et l'État, à résoudre le problème de circulation dans le bourg. »

La stratégie des responsables de l'association serait de dévier la circulation par le bas de la cité médiévale en imposant une circulation alternée. Pour tous les véhicules dans un premier temps et seulement pour les poids lourds à la fin des travaux. Une solution sans camion en attendant une liaison entre la A719 et la RN7. Et l'espoir d'un renouveau pour Billy dont le coeur de ville se meurt.

« Ce n'est plus vivable, je vais chercher mon pain avec la peur au ventre. Le souffle des camions vous plaque contre les murs », témoigne une habitante venue par curiosité à l'assemblée générale.

D'autant moins viable que l'arrêt préfectoral interdisant le trafic des poids lourds de plus de 3,5 tonnes dans le sens nord-sud depuis la fin de l'été n'a pas foncièrement calmé le jeu. Nombreux sont les poids lourds qui continueraient de passer en toute impunité.

Comptage à l'appui : « Nous avons certes divisé par deux le nombre de camions circulant dans le sens nord-sud, mais 90 % des poids lourds restant sont encore en infraction, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas de dérogation, qu'ils ne desservent ni la zone du Coquet, ni de celle de Marcenat. Il nous faut aller plus loin. Avec l'arrivée de l'autoroute A719 dans quatre à cinq ans le trafic va augmenter. L'intolérable deviendra insupportable. »

Et le président d'insister pour trouver le soutien des élus présents : « Il y a 18 ans, lorsque la Grande Rue a été réaménagée, Billy est resté en circulation alternée pendant cinq mois. Là, il faut se dire que ce sera plus long mais dissuasif pour les poids lourds. ».

Franck Charvais

 

La Montagne