Nouvelle revue sur Jeanne d'Arc juillet 2012

Hors-série 6juillet 2012

Jeanne d’Arc

Des origines au procès de Rouen

L’année 2012 est marquée par le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Celle-ci est l’une des figures les plus populaires de l’histoire de France, mais aussi l’une des plus controversées. C’est également l’une des plus grandes figures féminines de l’histoire universelle.
Jeanne a vécu dans une période troublée, pendant la guerre de Cent Ans (1337/40-1453). La France est alors partagée en trois entités distinctes : le Nord-Ouest est contrôlé par le «roi de France et d’Angleterre», Henri VI ; le Nord-Est par le duc de Bourgogne, allié des Anglais ; et le Sud par le «dauphin Charles» (Charles VII), qui n’a pas été couronné à Reims. Jeanne est née vers 1412, dans un village des frontières du royaume de France, dans les «marches de Lorraine». Ce village, Domrémy, fait partie du seul territoire de l’Est qui reconnaisse la légitimité et l’autorité du dauphin. Selon ses propres dires, Jeanne aurait entendu des voix venues du ciel. Ces voix lui auraient ordonné d’aller «en France» pour rencontrer le dauphin et l’aider à délivrer Orléans, alors assiégée par les Anglais…
Ce numéro réunit les meilleurs spécialistes actuels de Jeanne d’Arc, universitaires pour la plupart, mais aussi conservateur de musée ou directeur adjoint du Centre Jeanne d’Arc d’Orléans. Dans un premier temps, il brosse à grands traits les principales étapes de la vie de Jeanne : Domrémy, de sa naissance à sa 17e année, Chinon, Orléans et Reims, Compiègne et Rouen, où elle meurt à 19 ans.
Puis il évoque le procès de condamnation (1431), mené par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et conduit selon la procédure d’inquisition. Au cours de ce procès, l’un des principaux reproches faits à Jeanne est le port d’un habit d’homme. Des recherches récentes ont amené les chercheurs à étudier les langues du procès : le français de la minute et le latin de la version officielle, ce qui n’avait jamais été fait. Ce procès aboutit à la condamnation de Jeanne et à sa mort sur le bûcher.
Vingt-cinq ans plus tard, les circonstances politiques ont changé et un nouveau procès débouche sur l’annulation du procès de 1431. C’est le «procès en nullité», plus connu sous son appellation traditionnelle de «procès de réhabilitation» (1456).
La condamnation de Jeanne est annulée et le roi Charles VII a retrouvé son honneur, mais l’histoire ne s’arrête pas là. La dernière partie du numéro évoque «Jeanne après Jeanne». Dès le XVe siècle a surgi une fausse Jeanne, Claude des Armoises, et la geste de Jeanne a été l’objet de visions littéraires. Au XIXe siècle, apparaissent pour la première fois les thèses «survivo-bâtardisantes»  et, au XXe siècle, Jeanne est l’objet de diverses récupérations politiques.
Ainsi, ce numéro présente une nouvelle vision de Jeanne d’Arc, celle qui ressort des recherches universitaires les plus récentes, présentées pour la première fois au grand public.

François Neveux, Professeur émérite de l’université de Caen Basse-Normandie

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